Encore une fois, la sagesse populaire avait vu juste : une consommation modérée (3 à 5 verres par jour) de vin rouge tannique (un Bordeaux par exemple) pris lors des repas a un effet positif sur la santé.
Mais la France, berceau des meilleurs vins du monde, aura eu besoin des Américains pour se pencher sur les bienfaits du vin. En effet, c’est eux qui, dés 1992, ont médiatisé le « French Paradoxe » basé sur une étude du Pr Serge Renaud (unité d’épidémiologie et de santé publique de l’INSERM).
Il a mis en évidence l’effet salutaire du régime alimentaire méditerranéen et d’une consommation modérée de vin. Selon les chercheurs l’effet antiagrégant des tannins sur les plaquettes sanguines, en optimisent l’effet de l’alcool sur le cholestérol seraient au coeur du mystère du vin.
Le vin protège donc les artères et les capillaires. Avec parmi de multiples effets positifs : Protection contre les maladies cardio-vasculaires et contre le vieillissement cérébral (et la redoutable maladie d’Alzheimer).
Selon une étude de l’INSERM de Bordeaux menée sur 4000 aquitains de plus de 65 ans, une consommation modérée de vin (3 à 5 verres par jour) correspond significativement avec une moins grande fréquence d’apparition de démences et de maladie d’Alzheimer (-80% !).
La dernière étude est Danoise (pays non viticole !), elle montre qu’entre 30 et 79 ans « les consommateurs de 3 à 5 verres, ont un risque de mortalité diminué de moitié par rapport à ceux qui ne boivent jamais de vin ».
L’alcool et les phénols (tannins et anthocyanes) agissent sur les vaisseaux et le coeur comme des protecteurs, empêchent l’oxydation des cellules et de la paroi artérielle. Ils jouent un rôle bénéfique sur la circulation sanguine. De nombreuses études ont montré qu’une consommation modérée de vin augmente le bon cholestérol (HDL cholestérol) et prévient en particulier aux hommes et femmes de plus de 50 ans qui ont perdu la protection naturelle liée aux hormones.
Plus généralement, le vin a plusieurs effets bénéfiques sur la santé. Il favorise la digestion en augmentant les sécrétions salivaires et gastriques. Il possède des propriétés diurétiques. Sur le système nerveux, il agit en levant les inhibitions et favorise ainsi la convivialité.
Les phénols, grâce à leurs propriétés antioxydants, ont aussi un effet protecteur contre l’apparition des cancers. Une récente étude Américaine a révélé la présence de resvératrol dans la peau du raisin et dans le vin. Ce produit a une activité anti-cancer.
Au vu de tous ces résultats, en 1996 le Ministère de l’Agriculture a pris l’initiative de publier une annonce dans laquelle il est dit de façon explicite que le vin, consommé avec modération, est bénéfique pour la santé.
On pourrait se contenter de médicaments aux extraits de vin. Mais fort logiquement on peut penser que les résultats en faveur d’une consommation modérés de vin sont biaisés par le simple fait que l’amateur de Bordeaux éprouve du plaisir dans sa passion, qu’il sait la partager, qu’elle est donc source d’échanges.
Bien entendu, il ne s’agit pas d’oublier les effets dévastateurs de l’alcoolisme (90 000 morts en France). Mais, ici comme ailleurs, la sagesse se situe entre l’abstinence et l’abus.
Pour dissiper les effets de l’alcool avant de prendre le volant. Il faut d’abord ne pas sous estimer les conséquences d’une alcoolémie élevée.
Divers éléments vont réduire le taux d’alcool dans le sang :
 L’alcoolémie baisse spontanément d’environ 0.15 gr/l par heure mais pas plus ! Ainsi, celui qui a eu l’inconvenance d’avoir 2 g/l à 2 heures du matin sera à 1g /l le lendemain à 9h ! Et l’on retrouve les tristes statistiques des sorties de boites de nuits.
 La consommation de sucre (dessert) favorise l’élimination de l’alcool.
 L’absorption de vitamines C a un effet rapide mais limité.
 La prise d’aspirine a aussi un certain effet.
 Il existe aussi en pharmacie des médicaments spécifiques qui protègent des méfaits de l’alcool.
Pour éviter l’abus d’alcool (et pas seulement de vin), nous sommes convaincus que plutôt de s’obstiner vers la seule répression (loi Evin), il faut agir sur l’éducation et sur les causes qui mènent à l’alcoolisme.
L’objet de ce carnet n’est en aucun cas de faire l’apologie de l’alcool. Notre voeu est de faire partager l’amour du vin et de contribuer à apporter cette connaissance qui reflète une culture. L’amoureux de la bonne table ne mange pas jusqu’à l’indigestion. L’amoureux du vin ne s’enivre pas.
Par Philippe Carretero -oenologue diplomé d’Etat-Ingenieur E.N.S.I.A
Château RIOUBLANC











