Il est de bon ton chez certains de mettre en doute la qualité de Bordeaux ou de l’opposer à celle des vins du « Nouveau Monde ». Bien entendu, derrière une étiquette « Bordeaux » vous trouverez parfois une bouteille médiocre ; Il en va du vin comme de toutes choses. Cependant notre vignoble dispose de vrais atouts qui s’imposent à chacun.
UNE TRADITION SECULAIRE
La vigne est présente en Gironde depuis l’antiquité. C’est ici que l’on trouvera le plus facilement ces vieilles vignes qui font les meilleurs raisins. C’est ici que l’on trouvera les meilleurs vignerons et oenologues (ce n’est pas un hasard s’ils sont si recherchés à travers le Monde) car il ne faut pas oublier que nos métiers la théorie, l’expérience et la pratique se complètent plus que ne s’opposent.
L’ancienneté de notre économie viticole a aussi généré de nombreuses exploitations de petites tailles. Certes une taille trop modeste peut générer un manque de moyens financiers. Mais elle présente deux gros avantages : la maîtrise de toute la chaîne de production depuis la vigne jusqu’à la bouteille et la diversité car ici chacun exprime son propre terroir. Ceci s’oppose à des exploitations de milliers d’hectares qui donnent des « produits « certes très honorables mais terriblement standardisés… Où est le plaisir ?
UN SITE UNIQUE
Le territoire viticole Bordelais est réputé depuis l’antiquité, aujourd’hui, les agronomes avancent les raisons qui expliquent son exceptionnelle situation : Sa position septentrionale (sur le 45 ème parallèle) assure des journées d’été très longue favorable à la maturation. Le climat est adouci par la proximité de l’océan, le courant chaud du Gulf Stream, la percée de l’estuaire, la grade Forêt des landes (sans ces éléments la température hivernale y serait de -30°). De plus, contrairement à la majorité des régions du monde ou l’été est la saison humide, les climats océaniques de façade ouest et méditerranéens (berceau de la vigne) bénéficient d’un été sec qui limite les attaques parasitaires pendant le cycle végétatif. Enfin, les vents d’ouest dominants apportent un air marin très pur.
Les sols sont souvent très pauvres. En conséquence, les racines de la vigne s’enfoncent profondément pour trouver les éléments nutritifs. Or en profondeur elles trouvent un milieu protégé. La vigne ne souffre ainsi ni de carence ni d’excès (notamment en eau), et également, la pauvreté du sol est source d’équilibre.
Equilibre et harmonie, le terroir bordelais annonce clairement les canons d’un grand vignoble de qualité.
Cette large palette de crus, célèbre dans le monde entier, naît en Bordelais grâce à la complexité et à la diversité des structures géologiques.
UN CHOIX DE CEPAGES
Les Bordeaux résultent de l’assemblage de 3 cépages principaux. Chaque viticulteur dispose d’une palette de cépages pour l’élaboration de son vin.
Pour les rouges :
 Le Cabernet-Sauvignon apporte charpente et grandeur au vieillissement et une note végétale. Il est remarquable sur les graves du Médoc et des Graves.
 Le Cabernet Franc (ou Bouchet) recèle des arômes subtils et donne une note florale.
 Le Merlot apporte la rondeur, la souplesse et une pointe animale. Il règne sur Pomerol et St-Emilion. On rencontre aussi quelques cépages accessoirement comme le Malbec et le Petit-Verdot.
A l’origine du Bordeaux blanc :
 Le Sémillon, cépage traditionnel Bordelais, qui se distingue notamment à Sauternes.
 La Muscadelle si douce qu’elle attire souvent les abeilles.
 Le Sauvignon, très populaire, est d’introduction plus récente, il a été choisi pour la puissance de ses arômes.
L’expression du cépage dépend de la nature du terroir. Les subtiles harmonies du Bordeaux sont le reflet de ces associations de cépage et de terroir qui se sont dessinées au fil des siècles.
LES REGLES DE L’APPELLATION BORDEAUX
En plus des obligations de cépages, l’appellation Bordeaux est accordée aux vins dont l’élaboration a obéi à un ensemble de règles bien définies.
Délimitation de l’aire de production. A l’intérieur du département de Gironde sont exclues les zones impropres à la culture de vigne de qualité.
Pour chaque aire d’appellation la culture de la vigne est régie par des règles qui définissent : densité de plantation (3000 pieds/hectare minimum), taille, mode de conduite (palissage).
La vinification obéit aussi à certain nombre de règles. Elles visent à conférer au vin les caractéristiques fondamentales du Bordeaux.
Enfin pour obtenir l’appellation, le vin sera analysé et dégusté par un jury représentatif des 3 corps : négociants, oenologues et viticulteurs. Il est de l’intérêt de chacun que cette dégustation soit suffisamment rigoureuse. Cette procédure permet d’éliminer les vins défectueux. Elle aboutit à l’obtention d’un label. L’obtention de ce label se traduit par une mention APPELLATION CONTROLEE. Soit Bordeaux, soit une des appellations communales de Gironde.
La mention MISE EN BOUTEILLE AU CHATEAU est donnée aux seuls viticulteurs vinifiant chez eux (les Coopératives ont droit à la mention mis en bouteille à la propriété). Elle engage le vigneron seul responsable de la qualité de son propre vin, issu de son terroir, de ses vignes, de son travail. Elle est sa signature. Exigez-la.
LE MEDOC
Les rives de la Gironde abritent un terroir remarquable. La proximité de l’estuaire, favorable au commerce en port » la notoriété dans le monde entier. Dés 1855 le premier classement des crus était crée. Il était établi à partir des prix de vente des vins sur un siècle ! Bien sûr on peut le critiquer (chacun sait que le prix n’est pas toujours le reflet de la qualité) et certains seconds cru méritent peut-être une première place, mais à l’heure de la statistique il faut admirer l’ampleur de la tâche qui fût accomplie.
La vigne est plantée sur une étroite langue de graves, le long de l’estuaire de la Gironde. Le sol y est souvent très pauvre et caillouteux, en conséquence il bénéficie d’un bon drainage.
Le Médoc réunit d’excellentes conditions pour la vigne : Exposition nord-est, face au levant et à la Gironde, sol pauvre, profond et bien drainé.
Dans ce contexte le Cabernet-Sauvignon cépage tardif s’exprime dans toute sa plénitude. Il donne des vins charpentés, vigoureux, mais riches en nuances comme le ciel Bordelais. On y trouve aussi Merlot et cabernet Franc ainsi que le Malbec et Petit-Verdot. Le Merlot dominant dans certaines propriétés affine les vins dans leur premier âge.
Les Médoc sont par excellence des vins de longue garde. Les grands millésimes devront être vieillis plus de dix ans, les petites années cinq.
LES APPELLATIONS DU MEDOC
Le Médoc, se divise en deux grandes aires d’appellation, Médoc et Haut-Médoc (limité au sud par les Graves). Il ne produit que des vins rouges. Le Haut-Médoc regroupe bon nombre des plus fameuses appellations du Bordelais du sud au nord :
MARGAUX : A tout seigneur, tout honneur. Le sol de Margaux est le plus riche…en galets du Médoc. Ses vins sont les plus grands dans les grandes années. Nul autre ne rivalise en délicatesse et richesse aromatique.
Margaux nom d’un vignoble hors du commun, nom d’un château, château Margaux, premier grand cru classé. Terroirs très illustres, nous ne citerons que Lascombes, Rausan-Gassies, Dufort-Vivens, Kirwan, d’Issan, Pamer, Desmirail, Giscours, Brane-Cantenac…..
Ces châteaux ne sont pas tous situés sur la commune de Margaux, les villages voisins, Cantenac, Labarde, Arsac et Soussans bénéficient de l’appellation Margaux et produisent des vins fort semblable.
SAINT-JULIEN : De petite superficie, Saint-Julien compte bon nombre de crus classés de belle prestance : Léoville-Las-Cases, Léoville-Barton, Gruaud-Larisen, Dycry-Beaucaillou, Lagrange, Langoa…..
Les Saint-Julien ont des arômes subtils, parmi les grands Médoc ils se distinguent par leur charme juvénile. Mais quelques années de cave adouciront leurs tannins.
PAUILLAC : Un sommet du sublime. Trois premiers grands crus classés, Lafite, Latour, Mouton-Rotschild. Trois parmi six.
Lafite est constitué d’un superbe vignoble de 80 hectares ! Suite à la part importante consacrés au Merlot, il est plus léger que le bon nombre de Pauillac. Latour et Mouton-Rotschild sont plus corsés, ils s’appuient sur 90% de Cabernet-Sauvignon.
D’autre crus classés ont assis la réputation de Pauillac, il faut citer Pichon-Longueville, Pichon-Longueville-Comtesse-de-Lalande, Duhart-Milon, Pontet-Canet, Lynch-Bages.
SAINT-ESTEPHE : Ici le sol est plus argileux. Proche de Pauillac, il en est pourtant éloigné : Les vins sont plus rudes, « l’âge les rend aimable sans en diminuer la vigueur ». Les vins de Saint-Estèphe ont en commun une couleur sombre et un corps solide. Les plus célèbre sont Cos d’Estournel, Colon-Ségur, Lafon Rochet et Montrose.
MOULIS et LISTRAC : Ces deux appellations plus modestes, sont produites dans l’arrière-pays Médocain. Les vins y sont plus légers, parfois très intéressants. Citons le plus célèbre, Château Chasse-Spleen.
LES GRAVES : Les vins de Graves ont sans doute été les premiers produits en Gironde dès la plus haute antiquité. Au moyen-âge leur réputation était déjà grande, ainsi le domaine Pape-Clément fut créé en l’an de grâce 1300. La région de Graves s’étend sur une cinquante de kilomètres au sud du Médoc. Son terroir est également composé ce croupes graveleuses bien drainées propices au développement d’un vignoble de qualité.
Les vins rouges de Graves ressemblent à ceux du Médoc. D’ailleurs le château Haut-Brion a été classé en 1855 parmi les premiers crus.
Les vins blancs de Graves sont souvent secs et nerveux. Parmi eux, on trouve les meilleurs blancs de Gironde.
Depuis 1987, la partie nord de cette appellation revendique l’appellation Graves de Pessac Léognan.
Les communes de Cérons, Illats et Podensac produisent aussi des blancs moelleux qui certaines années s’apparentent aux Sauternes.
SAUTERNES et BARSAC : Cette petite enclave des Graves est bornée par deux cours d’eau : la Garonne au nord et le Ciron à l’ouest (Barsac se situe sur la rive gauche du Ciron). Il en résulte de cette situation, des brouillards persistants et l’apparition fréquente de Botrytis cinera. Ici, contrairement à toutes les autres régions viticoles on attend la pourriture noble qui dessèche la baie et concentre les sucres du raisin.
Ici, le Sémillon domine, cependant le Sauvignon lui apporte une note d’agrume qui s’harmonise aux notes dominantes de miel, cire d’abeille et propolis.
Le plus célèbre Sauternes est le mythique château d’YQUEM premier grand cru classé, il ne produit guère que 10 hl/ha.
D’autres château ont contribué à la gloire mondiale du Sauternes : Suduiraut, Rayne-Vigneau, Rieussec, Coutet, Cimens, Guiraud, Filhot…. Les vins produits sur la commune de Barsac sont susceptibles d’obtenir les appellations Barsac ou Sauternes.
LOUPIAC, STE-CROIX-du-MONT, CADILLAC : Situés sur la rive droite de la Garonne, ils produisent des blancs liquoreux et des moelleux. La fermentation en fût y est moins répandue qu’en Sauternais. Les sols compacts, de fortes pentes, ont induit des espacements plus larges entre les rangs de vigne, pour le passage de deux boeufs !
POMEROL : A de pas de Libourne s’étend le vignoble de Pomerol. Ici, loin de l’austère Médoc, nulle classification n’a été établie pour guider le profane. Ce serait d’ailleurs difficile sur un si petit terroir.
Cependant, l’ensemble des vins de Pomerol est de belle qualité, d’ailleurs les prix atteignent souvent ceux des plus grands du Médoc.
Le terroir de Pomerol est très varié, graveleux à l’est, plus argileux au centre et sablonneux à l’ouest.
L’unité gustative des vins de Pomerol découle en bonne partie de la dominante des Merlots dans l’encépagement. Ils donnent une belle couleur et beaucoup de « gentillesse ». On rencontre également une belle proportion de Cabernet Franc (nommé ici Bouchet), cépage porteur d’arômes subtils.
En conséquence, les vins de Pomerol ont une jeunesse éblouissante, les bons millésimes charment dès cinq ans d’âge.
Parmi les crus de Pomerol domine PETRUS. Nous citerons parmi les châteaux les plus réputés : l’Evangile, Trotanoy, Vieux Château Certan, La Fleur, La Fleur Pétrus, La Conseillante …
LALANDE de POMEROL : Cette appellation est réservée aux vins des communes de Lalande et de Néac situées au nord de Pomerol. Le sol est sableux, il s’en suit des vins plus légers, de belle couleur, ils partagent avec Pomerol le privilège de s’apprécier jeune. Le château Bel-Air jouit d’une solide réputation.
FRONSAC et CANON-FRONSAC : Six communes se partagent ces appellations. Canon-Fronsac est réservé au flanc de coteau descendant vers la Dordogne.
Charnus et souples, les vins de Fronsac sont à l’image de leur terroir, doux et vif à la fois par l’association de sables, d’argiles et de calcaire.
SAINT-EMILION : Cette célèbre cité médiévale, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, attire de nombreux visiteurs de vieilles pierres… et de bon vin. Tous deux, témoignent d’un passé religieux sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle.
L’appellation de Saint-Emilion est reconnue aux 8 communes de l’ancienne juridiction de Saint-Emilion.
La nature des sols et sous-sols est très variés. Souvent argilo-calcaire ou argilo-siliceuse, ils sont favorable à la genèse de grands vins.
Malheureusement, bénéficient aussi de cette prestigieuse appellation de maigres terroirs sableux, jadis « Sables-Saint-Emilion ».
Les vins de Saint-Emilion, « Nectar des Dieux » selon Louis XIV, ont une belle couleur, du corps et un bouquet particulier. Ils sont souvent à maturité dés cinq ans mais, dans les bonnes années, ils conservent vingt ans et plus.
Le classement de Saint-Emilion date de 1954. Il est révisable tous les dix ans. Ceci entraîne de profonds remous dans les chaumières et les châteaux !
Les premiers grands crus classés A sont Ausone et Cheval-Blanc. Les premiers grands crus classés B, Beausséjour, Bélair, Canon, Figeac, Fourtet, La Gaffelière, Magdelaine, Pavie et Trottevieille.
Viennent ensuite environ 70 grands crus classés puis l’appellation Saint-Emilion grand cru, attribuée après dégustation sous réserve de l’observation de certaines règles de production (dont la mise en bouteille au château).
Bien entendu, comme pour le classement du Médoc, il faut y voir surtout un guide et dans certains millésimes, il peut se trouver tel grand cru préférable à tel grand cru classé….
MONTAGNE-St-EMILION, St-GEORGES-St-EMILION, PUISSEGUIN-St-EMILION, LUSSAC-St-EMILION : Ces communes ont le droit d’ajouter la mention St-Emilion à leur nom pour créer autant d’appellations. Parmi eux Montagne et St-Georges (avec le superbe château St-Georges) donnent les vins les plus corsés.
BORDEAUX et COTES de BORDEAUX : Bordeaux, Bordeaux-supérieur, Premières-côtes-de-Bordeaux, Côtes-de-Castillon, Premières-côtes-de-Blaye, Côtes-de-Bourg, Graves-de-Vayres, tout un groupe d’appellations dont les vignerons respectent les usages locaux, loyaux et constants.
La diversité des vins produits sur le sol viticole Girondin est infinie. Pourtant le Bordeaux présente une unité de fond. Pour saisir cette unité, sans doute est-il utile d’en mesurer la diversité !
Le vignoble de Bordeaux est chargé d’histoire. Certains châteaux rivalisent avec les grands seigneurs du Médoc.
A Castillon la bataille un superbe « son et lumière » fête la bataille qui mit fin à la guerre de cent ans en 1453. Ici la culture de la vigne remonte à l’époque romaine comme en témoigne des mosaïques gallo-romaine. Aujourd’hui on y produit essentiellement des vins rouges.
Vauban a laissé à Blaye, une forteresse remarquable, très bien conservée. La citadelle qui jadis protégeait Bordeaux est classé monument historique, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. De là , laissez vous mener au port, vous pourrez y goûter quelques fruits de mer (et même du caviar) sur un blanc sec de Blaye.
Au confluent de la Dordogne et de la Garonne, Bourg abrite quelques cavernes préhistoriques et …un vignoble pittoresque sur des coteaux calcaires abrupts. Dans ce paysage agréable vous trouverez de solides vins rouges de bonne tenue.
Sur la rive gauche de la Dordogne, face à Libourne, les Graves de Veyres ont acquis une bonne notoriété à l’étranger, notamment pour leurs vins blancs moelleux.
L’Entre-deux-mers, entre Garonne et Dordogne est connu pour ses vins blancs secs. On y produit aussi des vins rouges légers. Cette vaste région est plus définie par ses limites que par une unité de structure.
A la frontière nord-est de l’Entre deux mers est délimités l’appellation Sainte-Foy-Bordeaux. Les blancs moelleux y sont souvent dignes d’un intérêt…. Gourmand.
Quand à l’appellation Bordeaux, elle révèle bien des caractères différents selon les hommes qui sont à l’origine du vin produit.
Les caves coopératives (30% de la production), font appel à d’importants moyens techniques. Elles ont fait certains progrès, mais nous constatons souvent, que dans un contexte de gros volumes et de contraintes financières, il leur est difficile de sortir d’un certain milieu de gamme.
Les négociants-éleveurs fournissent des vins qui ont largement commercialisés, souvent faciles et neutres. Ils se fournissent auprès de coopératives et de producteurs n’ayant pas développé de structures commerciales.
Depuis quelques années sont apparus les « vins de garages ». Le plus célèbre est à St-Emilion, c’est le château Valandraut. L’objectif est sur une toute petite surface de tout mettre en oeuvre pour produire un vin « parfait ». La rareté de ces vins ajoutée à la grande qualité permet d’obtenir des prix mirobolants pour peu que la communication soit aussi elle parfaite. Il n’empêche que l’existence de ces « vins de garage » joue, au même titre que les grands crus classés le rôle de moteur qui tire vers le haut la qualité des vins de Bordeaux.
Par Philippe CARRETERO -oenologue diplomé d’Etat-Ingenieur E.N.S.I.A
Château RIOUBLANC











